Comment le trauma affecte notre cerveau ?

Les traumatismes font plus que nous secouer émotionnellement, ils façonnent de manière significative notre cerveau et nos comportements, agissant bien au-delà d’une simple perturbation émotionnelle. Ils entraînent une reconfiguration profonde de nos structures cérébrales, influençant ainsi notre perception du monde et notre manière de réagir aux situations qui nous entourent.

Le traumatisme: une blessure physiologique

Un traumatisme est essentiellement une blessure physiologique, caractérisée par la rupture des connexions entre les neurones. Cette disjonction interne n’est pas anodine; elle modifie radicalement notre réaction aux menaces, signalant une transformation profonde dans notre fonctionnement cérébral. En présence de situations effrayantes ou douloureuses, le cerveau adapte son comportement: l’accès aux lobes préfrontaux se bloque et les informations sont dirigées vers l’amygdale et l’hippocampe pour une évaluation et un enregistrement rapides. Ce processus altère durablement le cerveau, constituant ainsi la nature même du traumatisme.

Le rôle crucial de l’amygdale et de l’hippocampe

L’amygdale et l’hippocampe jouent un rôle clé dans notre réponse au traumatisme. L’amygdale, évalue les informations reçues. Elle détermine leur caractère agréable ou menaçant en se basant sur les expériences passées stockées dans l’hippocampe Cette interaction déclenche une réaction immédiate, soit en mode actif (lutte ou fuite) soit passif (effondrement ou sidération), en fonction de la nature du danger perçu.

Cette capacité de discernement constitue notre système d’alarme interne. Elle nous pousse soit vers la reproduction d’expériences positives soit vers une réaction rapide face au danger. Mais cela a un coût. Les souvenirs traumatisants sont mémorisés dans l’hippocampe, ce qui nous aide à reconnaître le danger. Cela modifie notre perception des situations à venir, déclenchant des peurs même en l’absence de menaces réelles.

Les répercussions sur la vie quotidienne

Un processus complexe est alors déclenché dans notre cerveau, reliant directement notre système nerveux central au système nerveux autonome. Cette connexion automatique met notre corps en état d’alerte constant. Face à cette vigilance permanente, notre première réaction est souvent de nous isoler de nos propres sensations et douleurs. Cependant, se couper de nos émotions a un prix élevé, car nos émotions sont essentielles pour comprendre nos besoins et y répondre.

symptômes trauma

Pour tenter de surpasser le bruit incessant de cette alarme interne, nous pouvons adopter des comportements de plus en plus extrêmes. On cherche à vivre des émotions intenses ou à prendre des risques liés au plaisir, provoquant parfois même des addictions, dans l’espoir de contrôler une peur, d’anesthésier les émotions négatives, vagues et continue, sans origine claire. Malheureusement, ces stratégies ne font qu’intensifier l’alarme sans jamais vraiment l’éteindre.

Ce cycle crée un conflit interne épuisant, un combat entre le besoin de calme et une alarme qui ne cesse de s’intensifier. En résultat, nous nous retrouvons en état d’hypervigilance constant, toujours à l’affût, ce qui peut nous amener à ressentir une indifférence générale ou à nous isoler des autres. Vivre dans cet état de survie, où nous sommes détachés du monde extérieur, rend difficile tout repos réparateur. S’il n’est pas pris en charge, un traumatisme peut mener vers d’autres troubles de santé mentale, tels que l’anxiété ou la dépression. Par ailleurs, des effets physiques tels que les migraines, l’hypertension artérielle ou l’ulcère gastrique peuvent également apparaître.

Vers la guérison

Un traumatisme n’est pas une maladie mais une conséquence des blessures. C’est un mécanisme de survie utile et nécessaire pour procéder à l’étape de guérison.

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Pour aller plus loin :

Trauma, PTSD, and the Developing Brain, Ryan J Herringa DOI: 10.1007/s11920-017-0825-3
Categories: Trauma